La France perd l'occasion de s'imposer en acteur majeur à Copenhague
samedi 28 novembre 2009
Pour le mouvement politico-syndical, la France ne joue pas collectif et Nicolas Sarkozy “avance sur la com’ quand Obama et Hu Jintao avancent sur le fond”.
Le président français effectue cette semaine un déplacement au Brésil et à Trinité-et-Tobago, où sont réunis les pays du Commonwealth, pour plaider en faveur d’un accord international contraignant sur les réductions d’émission de gaz à effet de serre (GES). Dans le même temps, le ministre du Développement durable, Jean-Louis Borloo, s’est rendu à Pékin pour défendre le plan “Justice Climat” en faveur des pays en voie de développement.
“La communication personnelle du président et le plan Borloo, défini hors du cadre communautaire, portent atteinte à l’efficacité européenne”, estime le député européen Europe Ecologie Yannick Jadot dans un communiqué.
A ses yeux, la démarche de Nicolas Sarkozy sur la scène internationale vise à “transformer Copenhague en match Sarkozy/Obama”. Or, selon lui, “le match “Obama/Sarkozy n’existe pas. Il y a un match Obama-Hun Jintao dont l’Europe est exclue”.
La Maison blanche a annoncé cette semaine que Washington proposerait une réduction de 17% d’ici 2020 de ses émissions de GES par rapport à 2005. Les Etats-Unis ont également pris des engagements pour 2025 et 2030. De son côté, la Chine a annoncé jeudi qu’elle visait à réduire de 40 à 45% d’ici 2020 son “intensité carbone” - quantité de CO2 rejetée par unité du revenu national - en prenant pour référence l’année 2005.
Pour Europe Ecologie, tous ces objectifs sont encore insuffisants mais ils sont encourageants à dix jours de l’ouverture de la conférence de Copenhague, qui doit accoucher d’un traité prenant le relais du protocole de Kyoto. “L’Europe va-t-elle participer à cette dynamique ou tenter, avec une communication tous azimuts, de masquer son immobilisme?”, s’interroge Daniel Cohn-Bendit, chef de file d’Europe Ecologie. A ses yeux, les objectifs européens de réduction de GES ne sont pas à la hauteur - 20% d’ici à 2020 par rapport à 1990 - et, “sous l’impulsion de la France et de l’Allemagne, l’Union continue de ne pas chiffrer son soutien financier aux pays du Sud pour les aider à faire face à la crise climatique”.
source : Reuters