A gauche, la préoccupation environnementale est clairement affichée par le président sortant de la région, le socialiste Jean-Yves Le Drian, défié par Europe Ecologie au premier tour avant une fusion annoncée au second.

Aux européennes de 2009, les socialistes se sont fait devancer d’un cheveu par Europe Ecologie, avec 17,70% des voix contre 17,95% aux Verts et à leurs alliés.

Aussi, M. Le Drian a-t-il pris la peine de plancher début janvier devant quelque 250 militants ou sympathisants écologistes réunis sous le label “Bretagne Ecologie”, en insistant sur le rôle de “région éco-pionnière”, à ses yeux, de la Bretagne et en soulignant les efforts déjà réalisés en faveur des énergies renouvelables.

“Bretagne Ecologie” lui a apporté son soutien, et deux conseillers régionaux Verts sortant, Marie-Pierre Rouger et Haude Le Guen, ont rejoint sa liste, se faisant du même coup suspendre des Verts.

Mais M. Le Drian se garde tout de même d’emboîter complètement le pas aux écologistes: pour lui le plan anti-algues vertes du gouvernement va “dans le bon sens” sur certains points, alors que les défenseurs de l’environnement l’ont fortement critiqué.

Il soutient également - quoique très discrètement - le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes dans la Loire-Atlantique voisine, repoussoir pour les écologistes.

Son rival Guy Hascoët, tête de liste régionale d’Europe Ecologie, et ancien secrétaire d’Etat de Lionel Jospin, se prédit pour sa part un score “entre 15 et 20%”.

Les Verts, alliés au parti régionaliste Union démocratique bretonne, plaident pour une “reconversion sociale et écologique de l’économie” bretonne, avec redistribution du budget à la clé.

Et à ceux qui affirment qu’une telle reconversion aurait un coût très lourd, surtout en agriculture et dans l’agro-alimentaire, socle de l’économie bretonne, Guy Hascoët rétorque que la Bretagne, dont les principales productions sont en crise, “a perdu 17.000 emplois agricoles ces dernières années”.

“On perd des emplois et on crée des problèmes”, concluait-il, évoquant l’origine agricole de la prolifération d’algues vertes sur certaines baies, dans un récent entretien avec l’hebdomadaire “Le Trégor”.

“Nous on prend le pari qu’on va créer plus d’emplois avec un modèle de qualité, avec le même argent public qui est dépensé chaque année”, assure-t-il encore.

A droite, la candidate de la majorité présidentielle Bernadette Malgorn met surtout l’accent sur le renforcement des liens entre université et entreprise, ou le désenclavement de la Bretagne centrale par un axe central à quatre voies.

Mais la candidate UMP, qui fait figure de challenger dans une région désormais bien ancrée à gauche, prend tout de même la peine d’évoquer le nécessaire changement du modèle agricole breton ou le développement de l’éolien.

“On est très convaincus de l’urgence écologiste”, affirmait récemment l’ancienne préfète. “Mais ce n’est pas en décourageant ou en stigmatisant le monde agricole que l’on va y arriver”, ajoutait-elle.

source : AFP